Le dopage dans les médias

LE DOPAGE DANS LES MÉDIAS

Le sport est très médiatisé et attire de nombreux sponsors. De nombreuses chaînes télévisées s’y consacrent exclusivement (Eurosport, ESPN, Canal+ Sport, Sport+) comme de nombreux quotidiens qui peuvent être entièrement consacrés au sport (L’Équipe, Le 10 Sport) ou y accordent une place très importante (Aujourd’hui en France, France-Soir). Ces médias qui suivent les sportifs sont l’occasion pour ces derniers de devenir célèbres, ce qui peut pousser à des excès. Ces médias possèdent le pouvoir d’écorner l’image d’un sportif en cas de contrôle positif, ce qu’ils ne font pas toujours, dans certains sports, c’est l‘omertà qui règne.

Tous les médias sportifs traitent le dopage. Cependant, en fonction des sports et des intérêts financiers, des différences de traitement peuvent avoir lieu entre les sports.

Le dopage dans les médias est souvent assez mal traité. Lance Armstrong

1) Le Cyclisme


Le cyclisme est le sport où le dopage est le plus mis en avant. Pour preuve, nous connaissons tous au moins un coureur cycliste connu évincé pour dopage (Virenque, Pantani, etc…).

Cette mise en avant du dopage s’explique par la médiatisation du cyclisme, notamment via le Tour de France qui réunit chaque année près de 20 millions de spectateurs et autant de téléspectateurs. Les premières diffusions en direct des années 1960 ont rendu ce sport populaire. Dès lors, les gens voient des surhommes gravir des sommets. C’est la naissance des premières suspicions de dopage qui se confirmeront par la mort de Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux. L’arrogance des coureurs est à son paroxysme lorsque les coureurs décrivent tout naturellement leurs techniques de dopage. Le cyclisme prend une nouvelle image, celle d’un sport où le vainqueur sera celui qui aura réussi à ingurgiter un maximum de produits illicites. Durant les années 80, les polices et les douanes françaises et italiennes s’intéressent au dopage, des réseaux sont démantelés et les révélations s’enchaînent.

Depuis, le cyclisme se cherche une image de sport "propre". Les contrôles sont plus fréquents et l’instauration du passeport biométrique permet un suivi sur la durée des coureurs. Cependant, les laboratoires de recherches de produits dopants ont toujours une longueur d’avance sur les laboratoire de contrôle antidopage. Le cyclisme est le sport le plus contrôlé.

2) Athlétisme

Dans l’athlétisme, le dopage est assez médiatisé. Les premiers cas de dopages remontent aux Jeux Olympiques de 1904 où Thomas Hicks, athlète américain, remporta le marathon des JO de Saint-Louis. Durant la course, il s’est vu injecter 2 doses d’un stimulant et de l’eau-de-vie. Les médias de l’époque y voyaient , non pas un scandale, mais l’aboutissement du progrès scientifique. En 1941, la prise de stimulants provoque chez trois athlètes courant à Bâle des réactions étranges, après l’arrivée, l’un deux voulait avaler des morceaux de verre, un autre ressenti des malaises des heures durant, et le dernier se jeta dans une rivière où il mourut noyé. Dans les années 1950, l’émergence de nouveaux sportifs soviétiques inconnus auparavant provoquent l’hystérie des médias américains qui se calmeront une fois que des sportifs américains inconnus émergent à leur tour, ces nouvelles émergences étant favorisées par la prise de produits dopants. C’est le cas de Florence Griffith-Joyner, qui prend mystérieusement sa retraite en pleine gloire.

Les années 1970 et 1980 seront marquées par l’émergence d’athlète de l’Allemagne de l’Est, on parle de dopage d’État. Diverses sportives font également des "grossesses d’État" afin de pouvoir bénéficier des effets physiologiques d’une grossesse. Les médias accablent les athlètes est-allemandes qui à la chute du Mur de Berlin livreront leurs aveux. Dès lors, la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) s’engage en faveur de la lutte contre le dopage. Dès 1999, elle figure dans les premiers partenaires de l’Agence Mondiale Antidopage.

Cette lutte menée par l’IAAF ne semble pas porter totalement ses fruits, en 1988, le sprinteur canadien Ben Johnson bat le record du monde du 100 mètres des JO de Séoul. En 2004, le scandale Balco éclate (voir histoire du dopage) où de grands noms tombent : Tim Montgomery, Dwain Chambers ou encore Marion Jones. En 2006, le sprinteur américain Justin Gatlin est suspendu 4 ans en appel, après avoir été condamné à 8 ans de suspension. Ces scandales font beaucoup parler d’eux.

Aujourd’hui, l’athlétisme tend à se débarrasser de ces problèmes afin de retrouver une bonne image auprès des médias. Cependant, les récentes performances du coureur jamaïcain Usain Bolt qui a établi un de ses premiers records du monde du 100 mètres en 2008 durant les JO de Pékin  peuvent laisser perplexes, en se relevant avant l’arrivée, Usain Bolt établi tout de même un record du monde. Ce relèvement avait-il pour but de ne pas exploser le record du monde ce qui induirait de fortes suspicions de dopage. Les médias n’en parlent que très peu, en effet, le jamaïcain est un sportif très rentable.

3) Football

Dans le football, le dopage n’est que très peu médiatisé. En effet, les intérêts financiers sont très importants dans ce sport où l’argent est roi. Dans le sport le plus pratiqué et le plus populaire du monde, seulement un joueur très célèbre a été contrôlé positif : Diego Maradona. Lors de la Coupe du monde de 1994, l’argentin a consommé de l’éphedrine, ce qui lui vaudra d’être suspendu durant cette Coupe du monde après avoir joué 2 matchs, ses deux derniers matchs sous le maillot argentin.

Durant la Coupe du monde 1998 que la France a gagné, aucun footballeur n’a été contrôlé positif. Ce nombre étonnant de contrôle peut s’expliquer par la pression financière qui a accompagné la victoire de l’équipe de France. Imaginons un seul instant qu’un footballeur français soit contrôlé positif. La légitimité du seul titre mondial français pourrait être remise en cause. Et ce footballeur qui aurait pu être contrôlé positif est Zinedine Zidane, auteur d’un doublé lors de la finale historique face au Brésil. Zinedine Zidane a avoué avoir consommé de la créatine (3 grammes deux à trois fois par semaine) lorsqu’il jouait à la Juventus de Turin (de 1996 à 2001).

Le football, contrairement au cyclisme ou à l’athlétisme, est un sport où les efforts sont moins spectaculaires car moins intenses. Ainsi, la prise de produits dopants est visuellement imperceptible. De plus, l’argent brassé dans le milieu footballistique rend impossible la révélation d’un cas de dopage d’un grand footballeur qui est entouré de nombreux sponsors qui n’hésiteraient pas à payer le silence des laboratoires.

4) Tennis

A l’instar du football, le tennis est un sport où le dopage n’est que peu médiatisé. En effet, le nombre de contrôles antidopages est dérisoire. Certaines compétitions professionnelles sont exemptes de contrôles et les contrôles inopinés ne sont que très rares. Comme le football, le tennis est un sport où beaucoup d’argent est mis en jeu, et les efforts physiques ne sont pas impressionnants contrairement au cyclisme et à l’athlétisme. Comment expliquer que le joueur espagnol Rafael Nadal ait eu une métamorphose physique (que l’entraînement seul ne peut assurer) entre son entrée sur le circuit et son premier grand titre (Roland-Garros 2005) alors que tous les autres joueurs n’ont pas subi de véritables transformations musculaires, comment expliquer aussi sa soudaine remontée au classement (440ème en 2004, 2ème en 2005) ?

Auparavant, le tennis était un sport où les cas de dopages étaient révélés  (testostérone : Gimeno en 1959, cocaïne : Wilander), ces dernières années, les révélations ne concernent que des joueurs assez peu appréciés par le public (Puerta et Cañas). Aujourd’hui, à cause de la popularisation de ce sport, les pressions exercées sur les laboratoires et les médias rendent impossible la révélation d’un contrôle positif d’une star. L’exemple, pouvant confirmer ces propos sont le cas de l’ancien numéro 1 mondial André Agassi. En 1997, ce dernier a été contrôlé positif aux méthamphétamines, un bref mensonge a suffit à garder le silence de l’ATP (Association du Tennis Professionnel). Deux années plus tard, il devenait numéro 1 mondial. C’est lui qui a révélé son contrôle positif dans une de ses autobiographies sortie en 2009.

5) Culturisme


Le culturisme est l’un des seuls sports au monde où il n’y a aucun contrôle antidopage, même s’il y a des "pseudo-contrôles" dont les résultats sont toujours négatifs. La raison est simple : ne pas nuire au physique des culturistes. Ces derniers se s’en cachent pas, et même le culturiste le plus célèbre du monde (Arnold Schwarzenegger) confirme avoir consommé des stéroïdes anabolisants.

Les médias ne parlent pas du dopage et ne manifestent leurs égards envers le dopage dans ce milieu que lors de la mort de bodybuilders. Ce fut le cas de l’autrichien Andreas Münzer (photo) qui mourait en 1996 d’une hémorragie des foies, du rein et de l’estomac. Sa crainte était telle qu’au début de son hémorragie, il refusait d’aller se soigner par crainte de subir des prélèvements sanguins. L’autopsie de son corps révèlera la présence d’une vingtaine de produits dopants, des tumeurs de la taille de balles de tennis de table affectant le foie, ainsi qu’un cœur pesant 636 grammes, le double de celui d’un individu normal. Cette mort ne semble pas provoquer un électrochoc, et les culturistes consomment toujours des stéroïdes anabolisants et des hormones de croissance en toute impunité. C’est pourquoi, deux fédérations internationales de bodybuilding naturel ont étés créées, la Fédération Mondiale de Bodybuilding Naturel (WNBF) et l’Association Internationale de Bodybuilding Aaturel (INBA). Les médias ne promouvant pas ce type d’action, le dopage a dans cette discipline a de beaux jours devant lui.

6) Autres sports


Automobile : Aucun contrôle n’est réalisé, ainsi, aucune révélation ne peut avoir lieu. La prise de produits dopants (notamment les bêta-bloquants) pour supporter les conditions de courses est avérée mais jamais contrôlée.

Baseball : Longtemps, les médias et la fédération américaine de baseball n’évoquaient pas le dopage. Le rapport Mitchell présenté en fin 2007 dénonce 89 joueurs. Dès lors, certains anciens joueurs de baseball n’hésitent pas à évoquer leur prise de produits dopants durant leurs carrières.

Basketball : Dans le basketball, les cas de dopage sont souvent révélés par les médias. Mais ils ne concernent que la consommation de produits dopants à usage récréatif (Joakim Noah en a fait les frais pour consommation de cannabis). Les soupçons de prise d’hormones de croissance sont cependant assez grandes compte tenu de la taille des joueurs de baskets.

Handball : Ce sport est physique, mais avant tout technique. Le dopage n’est pas vraiment utile dans ce sport, car les matchs ne durent qu’une heure et les efforts sont courts et rapides. Le seul cas de dopage médiatisé récemment concerne un joueur de D1 ayant consommé du cannabis à usage récréatif.

Natation : Le physique des athlètes et la constante progression des performances pourraient encourager la prise de produits dopants. Lorsque Frédéric Bousquet  a été contrôlé positif à l’heptaminol (un stimulant), la discrétion régnait jusqu’à qu’un média ait bien voulu évoquer ce cas. Dans la natation, le silence est de mise.

Rugby : Sport où les gabarits sont impressionnants et les muscles développés, le rugby échappe aux scandales médiatiques lorsque certains de ses pratiquants sont contrôlés positifs. Lors de la Coupe du Monde 2007 qui s’est déroulée en France, des staffs médicaux avaient dans leurs valises des produits dopants qui ne sont pas interdits par la fédération internationales de rugby si elles sont accompagnées d’une autorisation à usage thérapeutique. Le nombre de ces demandes a quadruplé entre 2000 et 2006, de quoi élever des doutes quant à la sobriété des joueurs de rugby. La presse à scandale sportive n’y accorde aucune importance.


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